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Fiscalité · Décryptage

TVA à 22 % : ce que la mesure changerait vraiment pour les ménages belges

Un point de TVA supplémentaire rapporterait environ trois milliards d'euros par an. Mais l'hypothèse discutée au fédéral ne se limite pas au taux normal : elle prévoit aussi un taux intermédiaire unique à 9 %, qui remplacerait progressivement les taux de 6 % et 12 %.

Par Élodie Hendrickx 8 août 2026 9 min de lecture Texte
La TVA pèse d'abord sur les dépenses du quotidien
La TVA représente la deuxième recette fiscale de l'État fédéral. — Photo : Wolfmann — CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Depuis la publication du rapport du comité de monitoring, un chiffre circule dans tous les couloirs : trois milliards d'euros. C'est ce que rapporterait, selon les projections, un relèvement du taux normal de TVA de 21 % à 22 %. Près de 40 % de l'effort budgétaire minimal exigé d'ici 2029.

21 → 22 %Taux normal envisagé
3 Mds €Recettes annuelles attendues
9 %Taux intermédiaire unique proposé
7,7 Mds €Effort total exigé d'ici 2029

Le détail de l'hypothèse

L'idée défendue en interne par le Premier ministre Bart De Wever ne se résume pas à un point de plus sur le taux normal. Elle prévoit également la création d'un taux intermédiaire unique de 9 %, destiné à remplacer progressivement les taux actuels de 6 % et de 12 %.

C'est cette seconde partie qui pèserait le plus sur le budget des ménages. Le taux de 6 % couvre en Belgique des postes très concrets : une partie de l'alimentation, l'eau de distribution, les médicaments, les livres, ou encore certains travaux de rénovation. Le faire glisser vers 9 % touche donc des dépenses difficilement compressibles.

Ce que dit le calendrier

Le gouvernement s'est fixé la mi-octobre pour boucler son accord, le budget devant être déposé auprès de la Commission européenne avant le 15. Une méthode de travail et un calendrier doivent être arrêtés en septembre, au retour du kern.

Une coalition divisée

La piste se heurte à l'opposition du MR. Son président Georges-Louis Bouchez rejette toute hausse de la pression fiscale et déplace le débat sur le terrain arithmétique : « Notre problème n'est pas idéologique, il est mathématique. »

Beaucoup de travail a déjà été réalisé. Nous allons chercher un consensus pour concevoir des mesures sages. Bart De Wever, Premier ministre, en séance plénière de la Chambre

Face à Paul Magnette (PS), qui l'interrogeait sur d'éventuelles erreurs d'appréciation, le chef du gouvernement a refusé la comparaison avec un Titanic filant vers l'iceberg : « La collision a déjà eu lieu il y a quelques années. »

Pourquoi la TVA revient toujours

Trois raisons expliquent le retour récurrent de cette piste dans les conclaves belges.

  1. Le rendement immédiat. Un point de TVA produit ses effets dès l'année d'application, contrairement aux réformes structurelles du marché du travail.
  2. La lisibilité européenne. La norme de dépenses valorise les mesures pérennes et documentées.
  3. La comparaison régionale. Plusieurs voisins appliquent déjà des taux normaux supérieurs à 21 %.

Les effets à surveiller

Une hausse de TVA agit d'abord sur l'indice des prix, donc sur l'indexation automatique des salaires et des allocations, spécificité belge. Le rendement net pour l'État est de ce fait inférieur au rendement brut : une partie revient sous forme de dépenses indexées.

Le second effet concerne la répartition. La TVA pèse proportionnellement davantage sur les ménages modestes, qui consacrent une part plus élevée de leur revenu à la consommation courante. Les compensations ciblées — chèques, réductions sur les factures énergétiques, adaptation des barèmes — deviennent alors le vrai sujet de négociation.

Vérifiez votre lecture

Quel taux intermédiaire unique est envisagé ?

Les autres leviers sur la table

  • Révision de la norme de croissance des dépenses de soins de santé.
  • Suppression ou plafonnement de niches fiscales et de régimes dérogatoires.
  • Renforcement de la lutte contre la fraude fiscale et du recouvrement.
  • Fiscalité patrimoniale, ligne rouge symbolique pour plusieurs partenaires de la coalition.
  • Réformes structurelles du marché du travail visant le taux d'emploi.

Une certitude demeure : quelle que soit la combinaison retenue, elle sera impopulaire. Le gouvernement l'admet. Reste à savoir qui, des ménages, des entreprises ou des budgets sociaux, en supportera la part principale.

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Portrait d'Élodie Hendrickx

Élodie Hendrickx

Rédactrice en chef · fiscalité et finances publiques. Contact : e.hendrickx@carrefourbelge.be